Après avoir erré longtemps dans la brousse, il atteint un village où se dresse une potence: "Dieu soit loué, me voilà en pays civilisé !"

- Jonathan Swift

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vendredi 26 juin 2015

Mort d'un des "cerveaux" de Poutine


Quand on évoque la Russie, et son mystérieux président Vladimir Poutine, il est de bon ton de désigner Alexandre Douguine comme son théoricien et conseiller occulte. Le bonhomme a tout pour plaire: barbu hirsute, membre du courant traditionaliste "vieux-croyant" (dissident de l'Eglise orthodoxe russe depuis le XVIIe siècle), il est parfait en nouveau Raspoutine. Sa thèse centrale, l'union "eurasiatique", préconise l'alliance de la Russie avec la Chine et ses anciennes possessions d'Asie centrale, qui partageraient une même communauté de valeurs, face à un Occident décadent et corrompu. 

La réalité est que si Douguine jouit d'une influence non-négligeable dans certains cercles intellectuels russes, son heure de gloire, les années 1990, est passée, et il n'a guère de liens avec Vladimir Poutine. Ce n'est pas lui qui influence la politique étrangère de Moscou. La diplomatie poutinienne doit beaucoup plus à une figure de l'ère soviétique, décédée aujourd'hui; Evgueni Primakov. 

Né en 1929 à Kiev, diplômé de l'Institut d'études orientales de Moscou, Primakov fut, de 1956 à 1970, correspondant au Moyen-Orient pour la Pravda (ainsi que pour le KGB). Arabisant, il se fit un large carnet d'adresses au sein des mouvements nationalistes arabes, laïques et socialistes, soutenus par l'URSS. Mahmoud Abbas, dont il dirigea la thèse à l'université de Moscou (sur l'alliance entre sionistes et nazis...) dans les années 1980, et Saddam Hussein devinrent ses amis.

Participant à la Perestroïka aux côtés de Gorbatchev, il fut l'émissaire de l'URSS agonisante en Irak, pendant la guerre du Golfe, en 1990. Primakov souhaitait soutenir Saddam Hussein contre les Américains, mais Moscou ne s'opposa pas au conflit. Le dignitaire soviétique fut le témoin oculaire du bombardement américain de l'abri anti-aérien du quartier d'Amiriyah à Bagdad, le 13 février 1991: un missile perça l'abri, puis un autre fut projeté à l'intérieur, tuant 400 civils. Primakov fut profondément choqué, et conforté dans son hostilité envers les Etats-Unis. 

L'URSS dissoute, Primakov devint chef des renseignements extérieurs de la Russie, puis ministre des affaires étrangères, de 1996 à 1998, et enfin premier ministre, jusqu'en 1999. Sa politique est alors la suivante: conscient que le tropisme pro-occidental des premières années Eltsine est vain, et que la Russie doit redevenir un puissance mondiale indépendante, Primakov tente de réactiver les contacts de l'URSS dans le monde arabe, en Afrique, en Asie (avec la Chine et l'Inde) et en Amérique du Sud, pour opposer à l'hégémonie américaine une alternative. Sous sa houlette, la Russie théorise une vision des relations internationales selon laquelle les Etats n'empiètent pas sur leurs souverainetés. C'est un contre-pied au droit d'ingérence occidental. Par ailleurs, Primakov s'oppose à l'expansion de l'OTAN, instrument des Etats-Unis, sur l'aire d'influence russe. 

Tout ce programme est récupéré par Vladimir Poutine, d'abord adversaire de Primakov dans la succession d'Eltsine entre 1999 et 2000, puis l'intégrant dans son entourage. Il lui donne un visage, un verbe, et une poigne. 

Outre la diplomatie, Primakov avait théorisé la stratégie économique russe actuelle: ayant constaté l'anarchie née de l'ouverture de la Russie au libéralisme dérégulé des années 1990, il préconisait l'établissement d'un pouvoir politique stable et fort, pour que l'Etat, débarrassé de l'oligarchie capitaliste, puisse participer au développement de l'économie, tout en sortant du carcan collectiviste soviétique. 



Tunisie: bientôt la dictature ?


Suite au terrible attentat commis à Sousse contre des touristes, quelques réflexions: 

La Tunisie, c'est:




- 3 000 ressortissants partis rejoindre l'Etat islamique, soit son plus gros contingent étranger.

- une économie au sein de laquelle le tourisme représente 7 % du PIB et 400 000 emplois: dissuader les touristes de venir, c'est couper un des robinets à liquidités du pays, et le plonger encore plus dans l'instabilité.

- une nouvelle proie pour l'Etat islamique, entre une Algérie verrouillée, mais abritant quelques maquis djihadistes, et une Libye à feu et à sang, où Daech s'est déjà implanté.

Questions (ouvertes):

 - avec ces attentats simultanés, le Califat de Mossoul nous prépare-t-il à son 1er "anniversaire", d'ici lundi prochain ?

 - les Tunisiens vont-ils se faire à l'idée d'une nouvelle dictature, pour préserver la stabilité avant tout, avec un Béji Caïd Essebsi, en figure tutélaire de vieux sage, acceptable pour tout le monde ?

mercredi 24 juin 2015

La banalité du renseignement

"Cela ne se fait pas entre alliés de s'espionner". Baratin. Les nations n'ont pas d'alliés, pas d'amis. Elles n'ont que des intérêts. Washington l'a bien compris, et l'assume. Paris le sait, mais fait mine d'être au-dessus de ces basses combines. Hélas, la géopolitique, comme l'histoire, n'est pas la morale.

Les États-Unis ne se gênent pas pour nous espionner, y compris au plus haut sommet de l’État, et pour entretenir leurs cellules de renseignements sur notre territoire. Et notre douce France ne se prive pas d'insonoriser les hôtels parisiens des équipes de Boeing venues négocier des contrats.

C'est finalement ça, le plus gênant: que l'appât du gain et les entreprises cèdent le pas au renseignement politique ou idéologique. Le Traité transatlantique, c'est quand même beaucoup moins classe que les combines de la guerre froide.

Soyons honnêtes: comme personne n'est dupe, les échanges de renseignements sont monnaie courante. Les États-Unis sont assez généreux pour donner aux Français des informations relatives aux groupes djihadistes qui menacent les deux pays. L'Algérie, qui a truffé nombre de réseaux islamistes d'indics et d'agents doubles, fait de même avec l'ancienne puissance coloniale honnie: la veille de l'attaque de Charlie Hebdo, les renseignements algériens avaient prévenu qu'un attentat islamiste serait perpétré à Paris. Car c'est l'existence d'un ennemi commun, plus que des affinités politiques, idéologiques, philosophiques, spirituelles, qui met en place les systèmes d'alliances.

On n'apprendra donc rien de ces "révélations" de Mediapart et Libération, si ce n'est que, paradoxalement, à ce niveau d'espionnage entre "alliés", une des règles de base de la diplomatie, la réciprocité, s'en trouve respectée. 
 
En espionnant, les États-unis exercent leur puissance. Si la France voulait exercer la sienne, pour s'affirmer, elle demanderait l'arrêt des négociations du Traité transatlantique, ne serait-ce que pour taper du poing sur la table. 
 
Si la France voulait, elle se retirerait de l'OTAN, cette alliance militaire qui n'a plus de raison d'être depuis la chute du bloc soviétique, et qui est un instrument exclusif de la politique extérieure américaine.

Si la France voulait.

L'Inde accroît son contrôle sur les ONG

Ce n’est qu’une décision annoncée par voie de presse, mais elle est lourde de conséquences. Confirmant les informations du quotidien The Indian Express, un responsable du ministère indien de l’intérieur a indiqué le 23 juin à l’AFP que l’organisation catholique Caritas a été placée sous surveillance du gouvernement. Elle rejoint une liste d’associations qui se retrouvent soumises à une approbation officielle, la « prior approval », avant de recevoir ou de distribuer des fonds étrangers dans le pays.
 
Caritas Inde, membre du réseau Caritas Internationalis, basé au Vatican, est inscrite sur la liste du gouvernement aux côtés de la Conférence des évêques catholiques d’Inde (CBCI). Sur la même liste figure la Fondation Ford, une institution philanthropique américaine.

La suite sur le journal La Croix.

lundi 22 juin 2015

Regard sur la tuerie de Charleston




La tuerie commise le 19 juin dans une église noire de Charleston, en Caroline du Sud, a bouleversé au-delà des Etats-Unis. L’assassinat d’une dizaine de personnes, réunies pour une étude biblique, ces lectures du soir en communauté au sein des paroisses protestantes, fait frémir par sa symbolique.

Le lieu de la Parole de vie a été souillé par l’irruption brutale de la mort. A la confiance d’un pasteur ouvrant la porte à un inconnu, a répondu l’ignominie d’un tueur, que les médias insistent pour qu’il soit qualifié de « terroriste ». Ce qui est assez contestable : l’universitaire américain Bruce Hoffman, qui a théorisé le terrorisme contemporain, affirme que cette forme de violence politique se reconnaît quand elle est rattachée à une organisation idéologique. A Charleston, Dylan Roof était seul. Il ne se revendiquait pas du Ku Klux Klan – lequel est aujourd’hui un groupuscule marginal, pourtant très médiatisé. Le tueur isolé Dylan Roof ne peut de toute évidence pas être mis dans le même sac que les djihadistes, ce qui est peut-être l’objectif implicite, de présenter à l’opinion un supermarché du terrorisme, dans lequel la mouvance raciste américaine serait aussi menaçante que l’Etat islamique.

La suite sur les Cahiers libres

Crise de la dette grecque : le défaut de paiement est-il crédible ?


Débat le 19 juin 2015 sur l'actualité en Afrique du Sud, en Grèce et en Syrie, pour l'émission de France 24 Une semaine dans le monde, avec Bernard guetta (France Inter), Vincent Hugueux (L'Express), Nicolas Vadot (Cartooning for Peace) et votre serviteur. 


dimanche 7 juin 2015

Quand les chiites aident l'Etat islamique

Le mois de mai dernier, l'Etat islamique, loin d'être à bout de souffle, s'est emparé de deux villes en Syrie et en Irak: Palmyre, et Ramadi. La prise de la première a attiré l'attention de l'Occident pour ses ruines, soi-disant menacées de destruction par Daech (en réalité, ce sont les partisans du régime syrien qui furent aussitôt vitrifiés, pas les colonnes romaines). La chute de la seconde, en revanche, n'a pas suscité beaucoup de réactions. Il s'agit cependant d'une ville stratégique du territoire sunnite irakien, plus importante que Tikrit, qui rapproche l'Etat islamique de Bagdad.

La capture de Ramadi fut menée assez facilement par les forces de Daech, alors qu'elles piétinaient devant les lignes de défense des milices chiites depuis des mois. Comment les rebelles ont-ils prendre la ville en quelques jours, les 16 et 17 mai derniers ?

Tout simplement parce que cette offensive coïncidait avec un des plus importants pèlerinages chiites annuels. Plus de 10 millions de personnes se sont retrouvées à Bagdad, pour se rendre dans un mausolée où repose l'imam Moussa Kadhim, le septième des douze imams vénérés par les chiites, mort en 799. La plupart des pèlerins étaient Irakiens, mais beaucoup venaient également d'Iran. Parmi eux, les miliciens chiites irakiens et iraniens, qui montaient la garde devant l'Etat islamique sur le front, se sont repliés sur la capitale pour participer à l’événement. Ces hommes pétris de mysticisme ont préféré accomplir leurs devoirs religieux plutôt que maintenir la pression sur leur ennemi. Cela n'a pas échappé aux sunnites de Daech, qui en ont profité pour s'emparer d'une Ramadi délaissée par ses défenseurs. 

Si le pèlerinage chiite a accidentellement provoqué la chute de Ramadi, l'attitude vengeresse des chiites envers les sunnites n'est pas fortuite, et aide tout autant l'Etat islamique. Pendant les festivités à Bagdad, les pèlerins chiites traversant certains quartiers sunnites s'en sont pris aux habitants et aux bâtiments, sous le regard des 75 000 soldats et miliciens encadrant le pèlerinage. Du pain béni pour Daech, qui se proclame défenseur des sunnites contre les chiites. 

Décidés à reprendre Ramadi, pour desserrer l'étau sur la capitale, les miliciens chiites ont par ailleurs baptisé leur opération de contre-attaque Labayk ya Hussein ! (À tes ordres Hussein !). Hussein est en effet un des imams les plus vénérés des chiites, dont le mausolée se situe à Kerbala, dans le sud de l'Irak. Autrement dit, le trait d'une guerre confessionnelle menée par les chiites contre les sunnites s'en trouve accentué. La réalité du terrain se trouve bien éloignée des discours officiel des autorités irakiennes, qui affirment représenter tous les Irakiens contre des "terroristes". 

On l'a pourtant vu, c'est la marginalisation des sunnites en Irak, effective depuis 2003, qui a fourni un terreau pour les djihadistes. L'ancêtre de l'Etat islamique, la structure pilotée par al-Zarqaoui (alors sous le nom vague d'Al-Qaïda en Irak, mais sans réel lien avec Ben Laden), avait bien compris l'opportunité de s'enraciner dans le pays comme rempart des sunnites, en profitant du démantèlement de l'ancien régime par les Américains (poussant les cadres sunnites dans la clandestinité), et en s'attaquant aux chiites "hérétiques", pour monter les communautés entre elles. 

Le conflit entre chiites et sunnites, séculaire, et latent en Irak, n'était cependant pas évident avant 2003. Le nationalisme irakien, même débarrassé du Parti Baas, était encore fort, et certains imams valorisaient une alliance musulmane, chiite et sunnite, contre l'occupant américain. La plupart des 30 000 soldats irakiens tués dans l'invasion américaine de 2003 étaient d'ailleurs des conscrits chiites. Mais la mise à l'écart des sunnites par les Américains, et les attaques ciblées de Zarqaoui contre les chiites ont vite fait basculer l'Irak dans la guerre confessionnelle, qui dure encore aujourd'hui.

Tant qu'une place ne sera pas offerte aux sunnites dans la gestion de l'Irak, ces derniers n'ont pas d'autre alternative que la lutte armée, sous la bannière de Daech, ou sous une autre. Cela passe par une meilleure répartition du pouvoir, par une cessation de l'épuration anti-baasiste (qui est très sélective, car de nombreux cadres chiites de l'ancien régime ont pu être réintégrés), et par la mise en avant d'un Irak unifié, et non officiellement chiite, comme c'est le cas aujourd'hui. Mais, diront certains, comment blâmer les chiites au pouvoir à Bagdad, qui tiennent leur revanche après des siècles de pouvoir sunnite, et dont les chefs sont tous d'anciens opposants à Saddam Hussein, et à sa dictature qui persécutait les chiites ? 


vendredi 5 juin 2015

Vae Victis

Prisonnier des Américains, puis du régime chiite de Bagdad, depuis 2003, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Saddam Hussein, Tarek Aziz, vient de mourir en détention. Il avait été condamné à mort en 2010 par les juges irakiens, mais les autorités n'avaient pas osé l'exécuter: supprimer un chrétien, membre d'une communauté persécutée, aurait très gênant en termes d'image internationale. En effet, Tarek Aziz était chrétien, de l'Eglise catholique chaldéenne, majoritaire en Irak. Sa famille était assyrienne chaldéenne, de cette nation ayant ses spécificités culturelles et ethniques se rattachant au christianisme, présente dans l'Arménie historique, dans le nord de la Syrie, et dans la région de Mossoul, en Irak. 

Tarek Aziz personnifie à lui seul le destin tragique des chrétiens d'Orient pendant la seconde moitié du XXe siècle: né Mikhaïl Johanna, en 1936, à Mossoul, il rallie le Parti Baas, nationaliste et laïque, qui suggère l'égalité de traitement entre musulmans et non-musulmans. Pourtant, Johanna prend une identité arabe, "Tarek Aziz", en gage de soumission à la véritable colonne vertébrale idéologique du nationalisme baasiste : se rallier à la culture dominante, arabo-musulmane. Fondé notamment par un chrétien, Michel Aflak, le Parti Baas tolère les chrétiens, et leur assure la liberté de culte (conditionnée à l'interdiction d'évangéliser, et à la surveillance du clergé), mais précise bien que l'unité de la nation arabe doit se faire sous le joug d'un islam dompté par les autorités politiques. Ce qui doit relativiser l'image idéaliste du nationalisme arabe, qui n'a jamais permis aux chrétiens d'exister autrement que soumis à l'ordre établi. Même si leur sort était plus doux qu'aujourd'hui, et paraît rétrospectivement merveilleux. 

Journaliste de formation, éditeur de l'organe de presse du Parti Baas, Al-Thawra (La Révolution, en arabe), Tarek Aziz devient ministre de l'information en 1974, puis vice-Premier ministre de 1979 à 1983. Saddam Hussein apprécie ses talents de négociateur, et sa culture : "quand je vais à Paris, je vais à l'Opéra, alors que les chefs d'Etats du Golfe vont dans des cabarets", disait-il, à ses hôtes français. Tarek Aziz est en effet très francophile, à l'image de nombreux Irakiens de la classe moyenne-supérieure, formée à l'école de la coopération avec la France, initiée dans les années 1970, et intensifiée pendant la guerre contre l'Iran. 

De 1983 à 1991, Tarek Aziz est ministre des Affaires étrangères. Il est au premier rang des négociations internationales qui précèdent la guerre du Golfe. Malgré tout son talent diplomatique, il échoue à empêcher la foudre américaine de s'abattre sur l'Irak, en représailles de l'invasion du Koweït. Dès lors, son influence décroît. Il demeure un des cadres principaux du régime, qui continue de le mettre en avant à l'intention de l'étranger, pour valoriser sa protection des chrétiens. Mais il s'efface progressivement au profit du clan rapproché de Saddam Hussein: Ibrahim al-Douri, et les fils du dictateur, Oudaï et Quoissaï.

En 2003, Tarek Aziz, prévoyant la chute du régime, fait le nécessaire pour mettre sa famille à l'abri en Jordanie, avec l'aide du Vatican. Ne cherchant pas à rallier le maquis avec d'autres baasistes, il se rend aux forces américaines, pensant être épargné, et offrant même ses services pour la reconstruction du pays. Mais les Américains, dans leur volonté de faire table rase du passé irakien, le sanctionnent comme dignitaire de l'ancien régime, puis le livrent aux chiites, ivres de vengeance. Poursuivi pour des crimes de la dictature commis en-dehors de ses compétences, il ne retrouva jamais sa famille.

Le sort de Tarek Aziz cache celui d'innombrables prisonniers politiques qui croupissent encore dans les prisons irakiennes: anciens militaires de Saddam Hussein, officiers, fonctionnaires, membres du Parti Baas, chefs tribaux, épouses d'insurgés...  Certains depuis 2003. Leur libération est une des revendications principales des rebelles sunnites. Un autre enjeu dans la lutte contre l'Etat islamique et ses alliés objectifs.